Hypno'Santé

Trauma complexe et EMDR : vignette clinique

Retraitement d’un schéma de trauma complexe en EMDR : vignette clinique

Une anxiété persistante malgré des progrès

Caroline vient me consulter pour ce qu’elle nomme des crises d’angoisse. Elle a déjà fait un important travail personnel et parvient, la plupart du temps, à contenir ses montées d’angoisse lorsqu’elle les sent arriver. Celles-ci n’aboutissent donc plus à de véritables attaques de panique.

Malgré cela, elle vit avec une anxiété de fond très inconfortable, ponctuée de pics plus intenses. En l’écoutant et en questionnant son parcours, nous arrivons, dans une lecture systémique, à l’hypothèse qu’elle aurait développé ces manifestations anxieuses en réponse à un besoin de contrôle excessif, ce que j’appelle le sur-contrôle.

Trauma complexe et parentification : une origine relationnelle

Enfant, Caroline a dû très tôt endosser des responsabilités qui ne lui revenaient pas. Ses parents étaient fragiles et elle n’a pas pu bénéficier d’un sentiment de sécurité suffisant. Elle a été ce que l’on nomme une enfant parentifiée.

Il ne s’agit pas ici d’un événement traumatique unique, mais d’une succession de situations où elle ne s’est pas sentie protégée ni contenue. C’est ce que l’on appelle un trauma complexe.

Dans ce type de contexte, l’enfant mobilise trop précocement des compétences d’adulte : se protéger, mais aussi veiller au bien-être de ses parents, comme si elle pouvait, en faisant suffisamment bien, les rendre enfin capables de la sécuriser. Or, cette attente reste généralement vaine.

Faute de moyens réels pour assumer un tel rôle, elle développe alors une hypervigilance permanente, un peu comme quelqu’un qui occupe un poste pour lequel il n’a pas toutes les compétences et qui compense en surinvestissant sans relâche.

Un point d’entrée actuel pour travailler en EMDR

Lorsque je partage cette hypothèse avec Caroline, elle se reconnaît profondément dans cette description. Nous décidons alors d’utiliser l’EMDR, non pas à partir d’un souvenir traumatique précis du passé, puisqu’il n’y en a pas un en particulier, mais à partir d’une situation actuelle qui active fortement son anxiété.

Elle évoque un moment récent où, en discutant avec des amis, l’un d’eux mentionne la mort soudaine d’une connaissance suite à une crise cardiaque. La mort étant son thème d’angoisse central, son niveau de stress s’emballe immédiatement.

Nous prenons cette scène comme point d’entrée pour mener l’ensemble du protocole EMDR de désensibilisation et de reprogrammation.

EMDR et trauma complexe : travailler sur un schéma, pas un événement unique

Il est important de souligner que l’EMDR peut tout à fait être utilisé dans le cadre d’un trauma complexe, même en l’absence d’un événement unique et clairement circonscrit.

Il s’agit alors de travailler sur le schéma construit par une accumulation d’expériences relationnelles difficiles. Chez Caroline, ce schéma est précisément celui du sur-contrôle.

Un travail intégratif : EMDR et systémique

Au fil des séances, nous explorons et retraitons, en articulant EMDR et approche systémique (interne et externe), les différentes dimensions de ce schéma :

  • les émotions,

  • les croyances,

  • les sensations corporelles associées.

Entre les séances, je l’invite à observer ses réactions dans son quotidien. Elle constate progressivement que sa panique s’atténue et qu’elle accède davantage aux émotions sous-jacentes : la peur, la tristesse, le sentiment d’insécurité.

Installation de nouvelles ressources et croyances

Vient ensuite le moment où elle se sent suffisamment sécurisée intérieurement pour installer de nouvelles expériences.

Elle choisit d’ancrer :

  • du calme,

  • une respiration plus régulière,

  • une sensation de légèreté.

Elle adopte également deux nouvelles croyances :

  • « être prudente suffit »,

  • « le mieux que j’aie à faire face à la mort, c’est de vivre vraiment m

  • a vie ».

 

Ce que montre ce cas clinique

Après quelques séances, Caroline parvient ainsi à réguler des schémas très anciens.

Dans de nombreux cas de trauma complexe, l’EMDR seul ne suffit pas. Ici, son articulation avec l’approche systémique a été essentielle pour comprendre, puis transformer en profondeur ses réactions. En même temps, sans l’EMDR, nous n’aurions probablement pas pu avancer avec la même efficacité. Si vous vous questionnez vous aussi sur l’EMDR, n’hésitez pas à nous écrire. 

Pour aller plus loin en formation

Ce type de travail, qui articule compréhension du trauma complexe, ajustement clinique et utilisation rigoureuse des mouvements oculaires, fait précisément partie de ce que nous transmettons à nos stagiaires dans la formation Mouvements oculaires (EMDR).

Au-delà de la simple maîtrise technique, nous les accompagnons à développer une lecture fine des schémas sous-jacents, à choisir des points d’entrée pertinents pour l’EMDR, et à intégrer cette approche avec d’autres cadres thérapeutiques lorsque cela est nécessaire.

L’objectif est qu’ils puissent, à leur tour, proposer des accompagnements à la fois structurés, éthiques et adaptés à la complexité des situations rencontrées en cabinet.

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