Hypno'Santé

TDAH : les fausses croyances autour du diagnostic

TDAH : les fausses croyances autour du diagnostic (regard de psychologue clinicienne)

Être “spécialisée TDAH” : ce que cela signifie vraiment en psychologie clinique

Je suis psychologue spécialisée dans le TDAH.
Et avant d’aller plus loin, je veux préciser ce que signifie spécialisée.

Cela veut dire que j’ai suivi une année de Diplôme Universitaire spécifiquement consacré au TDAH, à l’université de Paris, en plus de ma formation initiale de psychologue et de mes plus de 20 années de pratique en cabinet.

Cela veut dire aussi que je pratique quotidiennement le diagnostic du TDAH auprès d’enfants, d’adolescents et d’adultes, et que j’accompagne de nombreux patients, parents et familles concernés par ce trouble, en psychologie clinique et en psychothérapie (dont l’hypnothérapie lorsque cela fait sens).

Tous les jours, dans mon travail de psychologue, je constate les dégâts des fausses croyances largement répandues autour du diagnostic du TDAH,  dans les cabinets, à l’école, dans le monde médical et parfois même chez certains praticiens en hypnose ou en accompagnement thérapeutique.

 

Première fausse croyance : “Le TDAH se diagnostique avec des tests neuropsychologiques”

Faux.
Le diagnostic de TDAH n’est pas un diagnostic cognitif.

C’est un diagnostic différentiel psychopathologique.

Aucun test cognitif, attentionnel, de concentration ou de QI ne permet, à lui seul, de poser un diagnostic de TDAH.
Ces tests peuvent éventuellement constituer une piste, un élément parmi d’autres… mais en aucun cas un diagnostic.

Le problème, c’est que lorsque l’on réduit le TDAH à des tests neuropsychologiques, on passe à côté de l’essentiel : la compréhension clinique globale de la personne, de son histoire, de son fonctionnement psychique et relationnel.

En tant que psychologue clinicienne, et même en hypnose ou en hypnothérapie, le cœur du travail ne réside pas dans la performance aux tests, mais dans la lecture fine du sujet.

 

Deuxième fausse croyance : “Difficultés d’attention = TDAH”

Faux également!

De très nombreux troubles en psychologie et en psychopathologie peuvent entraîner :

  • des difficultés de concentration,
  • de l’inattention,
  • une agitation mentale,
  • de l’impulsivité.

On retrouve ces manifestations dans :

  • l’anxiété,
  • la dépression,
  • les troubles de l’humeur,
  • les troubles traumatiques,
  • certains troubles de la personnalité,
  • les troubles du sommeil,
  • ou encore la bipolarité.

Beaucoup de ces tableaux peuvent ressembler au TDAH, sans en être.

Diagnostiquer le TDAH, ce n’est donc pas simplement pointer des symptômes.
C’est les comprendre, les analyser finement, et les différencier d’autres troubles à la lumière de connaissances approfondies en psychopathologie. C’est ce qu’on appelle le diagnostic différentiel, et il est indispensable.

C’est ce que l’on appelle le diagnostic différentiel, et il est indispensable en psychologie clinique.

 

Troisième fausse croyance : “Le TDAH est un trouble isolé”

En réalité, un TDAH “pur” est l’exception, pas la règle. Dans environ 85 % des cas, le TDAH est comorbide d’au moins un autre trouble psychopathologique.

Cela signifie que si l’on se contente de dire à une personne :

“Vous avez des problèmes de concentration, donc vous avez un TDAH”

… sans chercher plus loin, on risque de passer à côté de troubles majeurs, parfois graves, comme par exemple un trouble bipolaire.

Les conséquences peuvent être lourdes :
errance médicale, traitements inadaptés, aggravation des symptômes, incompréhension du patient, perte de confiance dans les professionnels.

Et ensuite, on s’étonne que “le traitement du TDAH ne fonctionne pas”…
Alors qu’en réalité, ce n’est pas le bon diagnostic, ou que le diagnostic est incomplet.

 

TDAH, brisons les fausses croyances

 

Ce que signifie réellement diagnostiquer le TDAH en psychologie

Soyons être clair :

  • Le diagnostic du TDAH ne repose sur aucun test cognitif isolé.
  • Il s’agit d’un diagnostic clinique différentiel.
  • Il doit être réalisé par un clinicien formé spécifiquement au TDAH.
  • Et surtout, par un professionnel ayant une solide connaissance de la psychopathologie, afin de poser un diagnostic différentiel rigoureux.

Diagnostiquer le TDAH, ce n’est pas cocher une liste de symptômes, et vous n’avez pas besoin d’un professionnel pour cela.

C’est comprendre une personne dans sa globalité : son histoire, son fonctionnement psychique, ses relations, ses stratégies d’adaptation, son environnement.

C’est analyser les symptômes dans leur contexte, et déterminer s’ils relèvent :

  • d’un TDAH,
  • d’un TDAH associé à un autre trouble,
  • ou d’autre chose que le TDAH.

 

Un dernier point issu de ma pratique clinique

Pour information, environ la moitié des patients qui me sont orientés pour “difficultés attentionnelles et suspicion de TDAH” n’ont pas de TDAH, mais autre chose.

Pour beaucoup d’entre eux, cette clarification met fin à une longue errance diagnostique et thérapeutique , et ouvre enfin un accompagnement psychologique, parfois en psychothérapie ou en hypnothérapie, plus ajusté à leur réalité.

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