Résistance en hypnose : et si c’était le thérapeute ?
Et si le vrai acte thérapeutique, parfois, c’était de ne rien faire, et d’attendre que le mouvement vienne de l’autre ?

Un article taquin aujourd’hui… mais soyons honnêtes, on l’a tous fait.
La scène que je vois souvent en supervision
Je vois ce phénomène très souvent chez les hypnothérapeutes que j’accompagne. Concrètement, ils me disent : « mon patient est résistant, j’ai essayé ceci, et puis ça… mais rien ne change ». Je leur demande alors de décrire le processus.
Le patient est arrivé avec une plainte : « j’ai une phobie de l’avion » ou « j’ai des crises d’angoisse ». Et là… BIM. Sans plus attendre, l’hypno a sorti l’attirail : thérapie des parties, régression à la cause, sous-modalités. LA TOTALE.
Résultat ? Que dalle. Le patient dit « mouais », l’hypno rame, et basta. Jusqu’au moment où le patient ne lui fait même plus le grand privilège de revenir en séance… et se dit finalement que « l’hypnose n’a pas marché pour lui ».
La question que personne ne pose vraiment
Quand j’entends cela, un truc fondamental m’échappe. Je pose alors une seule question : quelle est la demande de ton patient ? Non pas « quel est son objectif ? » , plutôt que te demande-t-il à toi, spécifiquement ?
La réponse que j’obtiens est souvent : « ben je ne sais pas ». Ou encore : « c’est clair, puisqu’il vient me voir, il demande que je l’aide en hypnose ».
Mais en fait, non. Et c’est là que tout se joue.
Quand c’est toi qui deviens le demandeur
En effet, si tu fonces dans le tas, sans attendre une demande claire de ton patient, c’est toi qui deviens le demandeur. Ton patient te regarde alors t’agiter, et s’il est gentil, il accepte tes propositions, mais la situation s’est retournée.
Quand c’est toi qui veux… il arrête de vouloir. Quand c’est toi qui démarres… il freine. Tu pousses… il recule.
C’est systémique. Ça s’appelle accompagner le mouvement, ou, dit autrement : fuis moi je te suis, suis moi je te fuis. C’est pourquoi le mouvement doit partir de lui.
Une simple question pour tout changer
Concrètement, une simple question peut permettre cela : « Que puis-je faire pour vous ? »
Tant que la réponse du patient est « je ne sais pas » ou « c’est vous le pro »… ma posture, c’est : « ben moi non plus je ne sais pas ». Et donc JE NE FAIS RIEN.
Je sais que c’est difficile dans un milieu où on nous a appris à FAIRE. Pourtant, tant que vous FAITES à la place du patient, la réaction systémique, c’est que lui NE FAIT RIEN.
Et si le vrai acte thérapeutique, parfois, c’était de ne rien faire, et d’attendre que le mouvement vienne de l’autre ?